Québec État français

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Rédacteur initial: Gilbert Paquette

Blocages canadiens

Le Québec s’est doté en 1977 de la Charte de la langue française (la loi 101) après un vaste débat démocratique (depuis 1960) établissant faisant du français la langue officielle et commune au Québec, un régime linguistique accepté par la très grande majorité des citoyens de toutes origines. Or cette « longue marche » de la démocratie québécoise pour consolider sa langue nationale a été bafouée à plusieurs reprises la Cour suprême du Canada dont les jugements ont conduit à réduire l’impact de quelques 200 articles de la Charte du français. La Cour a agi grâce à l’autorité que lui donne la loi constitutionnelle de 1982, imposée au Québec sans son consentement. Cette situation où le régime canadien invalide des lois du Québec aussi fondamentales que la loi 101 ancre l’idée dans la population selon laquelle les prises de position et les lois de l’Assemblée nationale du Québec, même approuvées unanimement par tous les partis politiques, ne sont pas importantes puisqu’elles peuvent être invalidées en regard de la constitution canadienne.

Pendant ce temps, l’anglicisation se poursuit à Montréal et a tendance à s’étendre dans les régions voisines, effritant ainsi notre cohésion sociale, minant nos possibilités d’émancipation nationale. Y contribuent plusieurs facteurs qui s’ajoutent au désaveu de la loi 101 par la « légalité » canadienne. Le financement inéquitable des collèges, des universités et des hôpitaux anglophones favorise l’anglicisation des québécois, particulièrement à Montréal. Le français au travail subi des reculs importants. L’affichage bilingue et les communications des deux paliers de gouvernement avec les citoyens envoient le message qu’il y a deux langues entre lesquelles on peut choisir librement. La disproportion de l’offre des médias en langue anglaise y contribue également.

Dans un tel contexte qui perdure depuis des décennies, comment se surprendre de la progression de l’anglais et des difficultés d’intégration des allophones déchirés entre deux langues et deux nations, provoquant aussi la réaction des citoyens qui sont fiers de leur appartenance au Québec et qui voient notre identité nationale menacée. Le communautarisme, conséquence de l’intégration du multiculturalisme dans la constitution et les politiques de l’État canadien engendre des divisions entre la majorité francophone et les communautés culturelles, divisions qu’il faut résoudre dans le respect des personnes et des cultures de toutes origines.

Rapatriement de nos compétences

Seule l’indépendance peut consolider l’identité québécoise en mettant fin aux attaques sur le français et en assurant le maintient et le rayonnement de notre langue nationale. Le partage d’une langue et de valeurs communes par tous est la meilleure garantie que le dynamisme de toutes les personnes, quelle que soit leur origine ethnoculturelle, soit pleinement soutenu et intégré en vue du bien collectif et de l’essor de la nation. Le contrôle complet de nos compétences culturelles et de notre immigration, la présence d’ambassades et de bureaux du Québec, prioritairement dans les pays de la francophonie, nous assureront que les nouveaux immigrants acceptent avec enthousiasme de s’intégrer au Québec pour soutenir la construction d’un pays de langue française en terre d’Amérique.

Le français dans un Québec indépendant

Une politique vigoureuse de consolidation de l’identité québécoise et de la langue française dans le Québec indépendant se fondera sur les orientations suivantes :

Constitutionnaliser le français comme langue de l’État québécois.

1. Enchâsser la langue française comme langue officielle et commune de la République du Québec, dans la Constitution initiale comme dans la Constitution permanente du Québec indépendant.

2. Rétablir la Charte du français dans son intégrité, en étendre certaines dispositions et les intégrer dans la constitution du Québec, dans l’objectif de compléter, en matière de langue, les droits reconnus aux individus par la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.

3. Donner concrètement suite à l’esprit pluraliste et inclusif initial de la Charte de la langue française par des mesures visant à ce que toutes les citoyennes et tous les citoyens puissent connaître et utiliser une même langue, la langue française, pour se comprendre et pour former une société unie et solidaire.

4. Mettre comme condition à l’obtention de la citoyenneté québécoise une connaissance d’usage du français et établir à Montréal et dans toutes les régions des Centres de formation des immigrants à la citoyenneté, à la langue et à la culture du Québec.

5. Rétablir le français comme langue de la justice et de l’administration publique, en spécifiant que seul le texte français des lois et des règlements prévaut et que la justice doit être rendue en français, tout en assurant que les communications de l’État québécois avec les citoyens se fassent dans la langue officielle.

Faire du français la langue commune du travail

6. Accélérer la francisation au travail en revitalisant les comités de francisation dans les entreprise et en fixant des objectifs ambitieux avec obligation de résultat

7. Étendre les exigences de francisation de la Loi 101 aux entreprises qui relèvent actuellement du Code canadien du travail – 135 000 employés dans 1760 entreprises (banques à charte, Air Canada, etc.) – ainsi qu’aux entreprises de 25 employés et plus.

8. Faire en sorte que l’Office québécois de la langue française joue un rôle de premier plan dans la production d’outils informatiques facilitant la création et la production en français (édition, traduction, diffusion), tout en soutenant la production de documents, des guides et des manuels techniques dans les services publics et les entreprises.

Les services publics en français et en langues minoritaires

9. Établir que les institutions publiques (municipalités, santé, éducation) sont laïques et de langue française sur tout le territoire du Québec, en autorisant exceptionnellement l’utilisation d’autres langues dans certaines régions.

10. Continuer à soutenir les écoles, les collèges et les universités de langue anglaise en leur accordant un financement correspondant au poids de la minorité anglophone du Québec et en y assurant une connaissances d’usage de la langue française.

11. Financer les écoles des communautés autochtones dispensant un enseignement de base des langues et des cultures des premières nations, tout en y assurant une connaissance d’usage de la langue française.

12. Assurer que les services sociaux et de santé puissent être donnés partout en langue française et assurer un appui au français comme langue de travail et de prestation de services dans les institutions en langue minoritaire.

Montréal, Métropole de langue française

13. Mettre de nouvelles mesures en place afin d’assurer l’affichage unilingue français à Montréal en refusant le principe de « nette prédominance du français » introduit par les juges.

14. Préserver la primauté du français à Montréal en facilitant l’apprentissage du français et l’accès au travail pour les nouveaux Québécois par l’offre de cours de français à tous les nouveaux Québécois et des passerelles favorisant la reconnaissance des diplômes étrangers.

15. Prendre les mesures nécessaires à une meilleure répartition des immigrants dans les différentes régions du Québec.

16. Retenir et attirer les familles francophones sur l’île en favorisant l’accès au logement et à un milieu de vie sain, et par un programme massif de rénovation des écoles de Montréal.